Je me trouve à Oujda, cette ville située à l’extrême est du Maroc, à quelques kilomètres seulement de la frontière algérienne. Sa position géographique en fait un point de passage stratégique pour les voyageurs, mais aussi une zone particulièrement sensible. Après plusieurs séjours dans cette région, je souhaite vous partager mon analyse approfondie sur la situation sécuritaire préoccupante que j’ai pu observer. Vous découvrirez les différentes facettes de l’insécurité dans cette ville marocaine et surtout, comment vous protéger efficacement lors de votre voyage.
Oujda et son climat d’insécurité : entre perception et réalité
Quand j’arpente les grands boulevards d’Oujda ou sa médina relativement calme, je peux parfois oublier les nombreux témoignages alarmants que j’ai recueillis. Bien que le Ministère des Affaires Étrangères français considère le Maroc comme « un pays globalement sûr et sous contrôle des autorités« , Oujda figure régulièrement dans les rapports de sécurité destinés aux voyageurs.
La délinquance y est présente comme dans toute grande agglomération marocaine. Les autorités recommandent vivement d’éviter les promenades en solitaire, particulièrement après la tombée de la nuit, dans les zones peu fréquentées. J’ai personnellement constaté que la proximité avec la frontière algérienne (fermée depuis 1994) contribue à cette atmosphère parfois tendue.
- Zones urbaines animées : niveau de risque modéré
- Quartiers périphériques : vigilance accrue nécessaire
- Sorties nocturnes : déconseillées sans accompagnement local
Face au harcèlement touristique : un défi quotidien
À Oujda, les voyageurs étrangers sont facilement repérables et souvent ciblés par le harcèlement commercial persistant. Dans la médina notamment, j’ai dû faire face à d’insistantes sollicitations qui peuvent rapidement transformer une simple promenade en expérience désagréable.
Prendre des photos de rue s’avère particulièrement compliqué lorsque les habitants locaux vous perçoivent uniquement comme source potentielle de revenus. Un après-midi, alors que je photographiais l’architecture traditionnelle, j’ai été immédiatement entouré par des vendeurs particulièrement insistants.
- Médina : forte concentration de vendeurs insistants
- Grands boulevards : harcèlement plus modéré mais présent
- Sites touristiques : vigilance maximale recommandée
Stratégies pour gérer le harcèlement
Pour limiter ces désagréments, j’ai développé quelques techniques efficaces. Rester ferme mais poli fonctionne généralement. Un simple « La shukran » (non merci en arabe) prononcé avec assurance décourage souvent les vendeurs les plus persistants. Éviter le contact visuel prolongé et continuer à marcher d’un pas décidé sont également des comportements dissuasifs.
- Refus ferme mais respectueux
- Évitement du contact visuel prolongé
- Marche déterminée sans hésitation
Quartiers sensibles : là où la vigilance s’impose absolument
Certains secteurs d’Oujda méritent une attention particulière. J’ai remarqué que la résidence « Al Mir », située sur la route de Taza, est souvent mentionnée dans les conversations locales. Un café particulièrement problématique y attire toxicomanes et parieurs, créant une source d’insécurité majeure pour les habitants.
Malgré de nombreuses plaintes et pétitions adressées aux autorités, ce lieu reste ouvert, les riverains se sentant impuissants. Une première fermeture avait pourtant été ordonnée en 2018, mais elle fut de courte durée. Bien que des restrictions aient été imposées (interdiction de chicha, de machines à jeux et respect strict des horaires), je constate qu’aucune n’est véritablement respectée.
- Résidence « Al Mir » : zone à éviter absolument
- Périphérie frontalière : déplacements déconseillés
- Secteurs nocturnes désertés : risques élevés
Économie souterraine : l’impact du trafic frontalier
La frontière fermée avec l’Algérie a engendré une économie parallèle florissante dont les manifestations sont visibles partout. Au cours de mes déplacements dans la région, j’ai régulièrement croisé des vendeurs de carburant présentant leurs bidons le long des routes. Ce trafic a provoqué la faillite de nombreuses stations-service légales.
Plus surprenant encore, j’ai aperçu des ânes chargés de bidons traversant clandestinement la frontière dans les zones montagneuses. Ces activités illicites créent un climat d’insécurité diffus qui affecte l’ensemble de la région. La palmeraie située près de la frontière sert parfois de couverture à ces trafics.
- Routes périphériques : présence visible de contrebandiers
- Zones frontalières : activités illicites fréquentes
- Points de vente clandestins : risques d’altercations
Choisir son hébergement : un enjeu de sécurité crucial
Sélectionner un logement adapté à Oujda représente un défi majeur pour garantir votre sécurité. J’ai constaté que les hébergements économiques peuvent parfois compromettre sérieusement votre tranquillité et la protection de vos biens personnels.
Les quartiers centraux, proches de la préfecture et des grands boulevards, offrent généralement un environnement sécurisant plus fiable. Vérifiez systématiquement les avis en ligne et privilégiez les établissements recommandés par d’autres voyageurs expérimentés.
- Centre-ville : hébergements généralement plus sûrs
- Périphérie résidentielle : vigilance recommandée
- Logements près des marchés : surveillance accrue des effets personnels
Services médicaux limités : anticipez vos besoins de santé
La situation sanitaire à Oujda mérite une attention particulière pour tout voyageur prévoyant. J’ai identifié quelques structures médicales principales comme le Centre hospitalo-universitaire disposant d’urgences adultes et pédiatriques, ainsi que la Clinique AL IFRANE.
Néanmoins, l’accès aux soins spécialisés reste limité. Une assurance voyage complète s’avère absolument indispensable. Je vous recommande vivement d’emporter une trousse médicale personnelle contenant vos médicaments habituels et quelques remèdes de base.
- Centre hospitalo-universitaire : services d’urgence disponibles
- Clinique AL IFRANE : alternative privée
- Pharmacies : horaires variables, prévoir l’essentiel
Contacts d’urgence essentiels pour voyageurs en difficulté
Durant mes séjours à Oujda, j’ai pris soin de répertorier tous les numéros d’urgence indispensables. Le Commissariat central (+212 5 36 68 20 02/20 01) et la Gendarmerie royale (+212 5 36 68 20 51/52/57/58) sont les principaux interlocuteurs en cas de problème sécuritaire.
La Police aux frontières (+212 5 36 68 24 47) peut également intervenir dans certaines situations. En ville, composez le 19 pour la Police Secours, et hors agglomération, le 177 pour contacter la Gendarmerie royale. Pour les urgences médicales, les pompiers sont joignables au 15.
- Commissariat central : +212 5 36 68 20 02/20 01
- Gendarmerie royale : +212 5 36 68 20 51/52/57/58
- Pompiers : 15
Recommandations pratiques pour un séjour sécurisé
Après plusieurs voyages à Oujda, j’ai développé une série de réflexes que je vous conseille vivement d’adopter. Évitez absolument les déplacements solitaires, particulièrement après le coucher du soleil. Gardez vos objets de valeur en lieu sûr, idéalement dans un coffre d’hôtel, et restez vigilant dans les lieux très fréquentés où les pickpockets opèrent.
Adoptez une tenue vestimentaire sobre pour ne pas attirer l’attention inutilement. Face au harcèlement commercial, restez calme mais ferme dans vos refus. J’ai remarqué que l’utilisation de taxis officiels pour les déplacements nocturnes augmente considérablement votre niveau de sécurité.
- Déplacements groupés privilégiés
- Objets de valeur sécurisés
- Taxis officiels pour trajets nocturnes
Faut-il éviter Oujda ou adapter votre itinéraire ?
Malgré les défis sécuritaires évoqués, je ne peux pas vous recommander d’éviter complètement Oujda. Cette ville offre une médina authentique aux souks riches en artisanat local et des boulevards modernes agréables à parcourir en journée.
La ville constitue un point de passage pratique vers d’autres destinations comme Figuig ou la magnifique palmeraie environnante. Je suggère en revanche de limiter votre séjour à 2-3 jours et de préparer minutieusement chaque aspect de votre visite. Avec une planification adéquate, vous pourrez apprécier les aspects positifs d’Oujda tout en minimisant considérablement les risques potentiels.
- Durée recommandée : 2-3 jours maximum
- Planification détaillée essentielle
- Combinaison avec d’autres destinations régionales
- Abbaye Saint-Étienne de Marmoutier : guide de visite et infos pratiques - 7 décembre 2025
- Château du Warthenberg-Daubenschlagfelsen : histoire et randonnées dans les châteaux forts d’Alsace - 6 décembre 2025
- Rocher des celtes à Dieffenthal : randonnées et balades sur le circuit des roches en Alsace - 5 décembre 2025





