Le dialecte alsacien, cette langue du cœur qui résonne encore dans les villages et villes d’Alsace, porte en lui des siècles de tradition et d’authenticité. Savoir dire au revoir en alsacien constitue bien plus qu’un simple apprentissage linguistique : c’est s’immerger dans une culture vivante où chaque expression révèle l’âme d’un peuple. De Strasbourg à Mulhouse, en passant par Colmar et les petits villages comme Soultz-sous-Forêts, les formules de politesse alsaciennes témoignent d’une richesse linguistique extraordinaire. Cette langue germanique, parlée par 43% des Alsaciens selon les dernières études, offre une palette d’expressions pour prendre congé, chacune portant sa nuance et son contexte particulier. Découvrir ces formulations, c’est comprendre comment un vrai Alsacien exprime ses sentiments d’attachement et de respect.
Les expressions essentielles pour dire au revoir en alsacien
L’expression la plus courante pour dire au revoir reste incontestablement « Àdje », utilisée dans l’ensemble de la région alsacienne. Cette formule simple et universelle s’emploie dans toutes les situations, qu’elles soient formelles ou familiales. La variante « Uff a Wìdersah » apporte une dimension plus littérale, signifiant exactement « à revoir », et témoigne de l’espoir des retrouvailles prochaines. Dans certaines localités comme Herrlisheim, les habitants préfèrent « O revoir » ou « Orùaar », adaptation locale qui mélange harmonieusement les influences françaises et germaniques. À Mulhouse et ses environs, c’est plutôt « Aur’voir » qui résonne dans les conversations quotidiennes. Ces variations géographiques illustrent parfaitement la richesse dialectale de l’Elsass, où chaque village peut avoir ses particularités linguistiques tout en conservant une compréhension mutuelle entre les locuteurs.
Les formules temporelles de séparation alsaciennes
Quand il s’agit de préciser le moment des retrouvailles, le dialecte alsacien offre une palette d’expressions particulièrement nuancées. « Bis bàll » ou « bis boll » selon les régions, équivaut à notre « à bientôt » français et s’utilise lorsqu’on envisage de revoir la personne dans un délai raisonnable. Pour les séparations de très courte durée, « Bis glich » exprime parfaitement « à tout de suite », idéal quand on quitte momentanément quelqu’un pour revenir rapidement. L’expression « Bis noochher » dans le Haut-Rhin ou « bis noochhar » dans le Bas-Rhin correspondent à « à tout à l’heure », utilisées couramment dans la campagne alsacienne. « Bis später » traduit fidèlement « à plus tard », tandis que « Bis s nächschte Mol » au sud ou « bis s nachschta Mol » au nord signifient « à la prochaine fois », formules particulièrement appréciées lors de rencontres festives ou familiales.
Les souhaits d’accompagnement en dialecte alsacien
Les Alsaciens accompagnent souvent leurs au revoir de souhaits bienveillants qui reflètent leur nature chaleureuse. « Scheener Dàà » dans le Haut-Rhin ou « Scheener Dàg » dans le Bas-Rhin expriment le souhait d’une bonne journée, formule que l’on entend particulièrement le matin dans les villages. Pour une bonne soirée, « Scheener Owe » au sud et « Scheener Owa » au nord accompagnent les séparations de fin de journée. Les expressions « Màche’s guet » ou « Màcha’s güat » signifient littéralement « faites-le bien », équivalant à notre « portez-vous bien ». De même, « Hàlte éich guet » ou « Hàlta èich güat » transmettent ce même message de bienveillance. Ces formules s’utilisent principalement avec des personnes que l’on ne reverra pas avant longtemps, témoignant de l’attention particulière portée au bien-être d’autrui dans la culture alsacienne.
Les variations géographiques du dialecte alsacien
Le dialecte alsacien présente des nuances remarquables entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, particulièrement visibles dans les formules de politesse. Ainsi, « salut tout le monde » se dit « Sàlü binànder » dans le sud alors que le nord préfère « Sàlü bisàmme ». Pour souhaiter bon appétit, le Haut-Rhin emploie « e Güater » tandis que le Bas-Rhin dit « e Güeter ». Ces différences s’étendent naturellement aux formules d’au revoir, même si « Àdje » reste universellement compris. Les principales villes portent également des noms alsaciens distincts : Strasbourg devient Strossburi, Mulhouse se transforme en Milhüse, Colmar en Kolmer. Ces variations géographiques enrichissent considérablement le patrimoine linguistique alsacien et montrent comment une même langue peut évoluer différemment selon les territoires.
Le contexte des salutations alsaciennes
Pour comprendre pleinement les au revoir alsaciens, il convient de les replacer dans l’écosystème complet des salutations. « Buschur » reste la formule standard pour dire bonjour, utilisée du matin au soir dans toute l’Alsace. Le matin spécifiquement, « Güete Morje » au sud ou « Güeta Morga » au nord marquent le début de journée, tandis que « Güeten Owe » ou « Güatan Owa » saluent respectueusement le bonsoir. « Sàlü » fonctionne comme une salutation polyvalente, équivalente à notre « salut » français. Les formules de politesse associées incluent « Merci vielmols » pour remercier chaleureusement, « Wenn’s beliebt » pour demander poliment, et « Willkomme » pour accueillir. Cette richesse linguistique témoigne de l’importance accordée aux relations interpersonnelles dans la culture alsacienne traditionnelle, où chaque moment de la journée possède sa formule appropriée.
Les origines historiques du dialecte alsacien
Le dialecte alsacien plonge ses racines dans l’histoire mouvementée de cette région frontalière. Au 5e siècle, l’arrivée des Alamans et des Francs introduit cette langue germanique qui évoluera pendant des siècles. La Révolution française de 1789 marque un tournant décisif avec l’installation progressive du français comme langue officielle. Les annexions allemandes du 20e siècle perturbent considérablement la transmission naturelle du dialecte, créant des générations bilingues mais parfois déchirées linguistiquement. Après 1945, l’interdiction de l’alsacien à l’école accélère son déclin, particulièrement visible aujourd’hui où seulement 3% des jeunes de 3 à 17 ans maîtrisent cette langue ancestrale. Paradoxalement, 74% des dialectophones avaient 60 ans et plus en 2012, concentrant principalement cette connaissance en milieu rural où les traditions se perpétuent plus facilement.
L’usage moderne de l’alsacien dans la vie quotidienne
Aujourd’hui, l’alsacien survit particulièrement à travers son intégration dans le français local, créant un mélange linguistique savoureux. Des interjections comme « Hopla » pour encourager, « Yéeee » pour exprimer la surprise, ou « Jo » comme tic de langage ponctuent naturellement les conversations. Le vocabulaire spécifique enrichit le quotidien avec « Schmoutz » pour un bisou, « Schlouk » pour une gorgée, ou « Stück » pour un morceau. Les initiatives de sauvegarde se multiplient : la fête annuelle « E Friehjohr fer unseri Sproch » depuis 2001, l’Office pour la langue et culture d’Alsace, ou encore des applications mobiles innovantes. À Zillisheim comme dans d’autres communes, des associations locales organisent des cours pour transmettre ces expressions aux nouvelles générations, perpétuant ainsi un patrimoine linguistique irremplaçable qui fait battre le cœur de l’identité alsacienne.
| Expression alsacienne | Signification française | Usage |
|---|---|---|
| Àdje | Au revoir | Universel |
| Bis bàll | À bientôt | Séparation temporaire |
| Scheener Dàà | Bonne journée | Souhait matinal |
- Àdje – expression universelle d’au revoir
- Uff a Wìdersah – au revoir littéral
- Bis bàll – à bientôt
- Scheener Owe – bonne soirée
- Haut-Rhin : Güeter, Scheener Dàà
- Bas-Rhin : Güater, Scheener Dàg
- Buschur pour commencer la conversation
- Échanger quelques mots en alsacien
- Terminer par Àdje ou bis bàll
- Applications mobiles d’apprentissage
- Associations culturelles locales
- Fêtes linguistiques annuelles
- Cours dans les écoles bilingues
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