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Plan local d’urbanisme intercommunal climat (PLUi) de Montpellier Méditerranée Métropole

L’aménagement urbain d’une métropole méditerranéenne requiert une vision globale et partagée. Le Plan Local d’Urbanisme Intercommunal Climat de Montpellier Méditerranée Métropole, approuvé en juillet 2025 et applicable depuis août 2025, constitue ce cadre stratégique pour les 31 communes du territoire. Ce document définit les orientations d’aménagement pour les quinze prochaines années, conjuguant développement économique, préservation environnementale et besoins en habitat. Élaboré depuis 2015 à travers de nombreuses concertations, ce PLUiC a fait l’objet d’une enquête publique début 2025 qui a suscité des controverses majeures. Certaines associations dénoncent notamment l’accessibilité problématique des documents mis à disposition des citoyens durant cette consultation.

Les objectifs et la composition du PLUi Climat métropolitain

Le PLUi Climat vise deux objectifs majeurs : décliner localement les orientations du projet métropolitain et du Schéma de Cohérence Territoriale révisé en novembre 2019, tout en permettant la réalisation de projets urbains communaux. Ce dispositif traite de manière intercommunale les problématiques d’urbanisme, d’habitat et de mobilité dans une vision à quinze ans.

La composition du document s’articule autour de plusieurs éléments complémentaires. Le rapport de présentation expose le diagnostic territorial et l’état initial de l’environnement. Le Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) définit la stratégie globale. Les 56 Orientations d’Aménagement et de Programmation établissent les dispositions spécifiques des secteurs concernés. Le règlement graphique délimite les zones urbaines, naturelles, agricoles et à urbaniser, tandis que le règlement écrit fixe les règles de construction. Les annexes regroupent l’ensemble des informations et contraintes applicables.

Les chiffres témoignent d’une ambition environnementale affirmée :

  • Réduction de 50% de l’artificialisation des sols sur le territoire métropolitain
  • Deux tiers des surfaces préservées de toute urbanisation future
  • 5200 hectares d’espaces boisés classés garantissant leur protection juridique
  • 2500 arbres bénéficiant d’un statut protecteur spécifique

Le déroulement controversé de l’enquête publique

L’enquête publique s’est déroulée du 29 janvier au 28 février 2025 sur 31 jours consécutifs. Une commission présidée par Christophe Metais, comprenant dix membres titulaires et un suppléant, a conduit cette consultation. Les citoyens pouvaient consulter les documents au siège de la Métropole, dans les 31 mairies et en ligne.

L’association Non au Béton, par la voix de son porte-parole Alain Berthet, dénonce des conditions rendant la participation citoyenne quasi impossible. La durée minimale légale incluait quinze jours de vacances scolaires. La consultation n’était possible que dans neuf communes sur 31, avec une présence des enquêteurs limitée à deux demi-journées par village.

La problématique documentaire constitue le cœur des critiques. Plus de 7000 pages sans index, sans thésaurus, sans liens hypertextes, avec une cartographie éclatée impossible à superposer. Une disparité criante opposait l’outil numérique fourni aux enquêteurs, clair et accessible, aux documents qualifiés d’illisibles mis à disposition des habitants. Face à cet obstacle, l’association a développé en dix jours un outil alternatif rassemblant toutes les informations cartographiques dans une interface unique avec légendes claires et noms de rues.

Les modifications apportées et les recours juridiques en cours

Suite à l’enquête publique, le projet a été modifié pour tenir compte des avis, observations et du rapport de la commission. Dans une démarche de sécurisation juridique, trois OAP ont été écartées et classées en zones à urbaniser fermées : Sablassou à Castelnau-le-Lez, Petit Tinal à Lattes et Meyrargues à Vendargues. Ces secteurs attendront de futures études avant toute modification du PLUi.

L’OAP de la nouvelle gendarmerie à Pignan a été maintenue malgré l’avis défavorable de la commission. Cette décision illustre les arbitrages complexes entre besoins d’équipements publics et préservation des sols.

Les recours juridiques devant le tribunal administratif reflètent les tensions suscitées. Vendargues a déposé une requête concernant l’OAP Meyrargues avant de se désister. Deux sociétés d’aménagement ont contesté les mêmes points ainsi que l’institution d’une zone NL à Villeneuve-lès-Maguelone, avec un désistement partiel. Le juge a rejeté leur demande de suspension.

  1. La délibération reste applicable en attendant les jugements au fond
  2. L’association Non au Béton prépare des recours portant sur l’opacité documentaire, les erreurs relevées et les aspects environnementaux

Selon leurs estimations, la validation définitive du PLUi serait repoussée à 2026, compte tenu des délais légaux incompressibles.

André
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