Marché traditionnel à Tinghir avec chameaux, kasbah et vallée

Tinghir : que voir et faire dans cette région du Maroc ?

Tinghir — aussi connue sous le nom de Tinerhir — a remporté le Trophée Tourisme Responsable en 2014, une reconnaissance qui ne surprend guère quand on découvre ce joyau méconnu du sud marocain. Chef-lieu de la province de Tineghir, la ville se niche entre le Haut Atlas et le djebel Saghro, au cœur d’une oasis spectaculaire dont la palmeraie s’étire sur près de 30 km. Comme moi, je me retrouve parfois dans ces endroits qui semblent porter des siècles d’histoires dans leurs pierres. Ici, des caravanes reliant Tombouctou à Marrakech ou à Fès traversaient la région entre le 8ème et le 16ème siècle. Les gorges du Todra, à seulement 15 km, et l’atmosphère authentique de la vieille-ville font de Tinghir une étape qui mérite bien plus qu’un simple passage.

À voir et à faire à Tinghir

La vieille-ville s’étudie à pied, quartier après quartier. Ses ruelles étroites révèlent de magnifiques portes ornementées, des balcons en bois sculpté et des cafés où le thé à la menthe embaume l’air — il y a quelque chose d’unique dans cette façon de vivre, presque comme une winstub alsacienne mais sous un soleil de plomb.

L’ancien mellah et le patrimoine juif

Le quartier Aït el Haj Ali, ancien mellah de Tinghir, se trouve près de la place Ziad Ouhmad et du souk Fokani. Ses bâtisses de pisé à l’atmosphère préservée abritent des artisans tisseurs, des bazars et de belles synagogues. La visite de ce quartier est aussi l’occasion de goûter à la cuisine juive marocaine traditionnelle.

Musées et panoramas

Le Musée de la Palmeraie retrace les anciens systèmes d’irrigation, les métiers transmis de génération en génération et le mode de vie traditionnel des oasis. Le Musée des Sources de Lalla Mimouna, lui, est décrit comme le plus atypique des musées de l’eau, profondément ancré dans le patrimoine berbère. La kasbah du Glaoui, perchée sur un promontoire à 500 m au nord du centre-ville sur la route d’Erfoud, offre un panorama époustouflant sur la ville sans être ouverte au public. Pour les amateurs de sensations, un vol en montgolfière permet d’admirer les paysages depuis les airs. Le souk derrière la rue Hassan II reste une excursion urbaine à part entière.

Se perdre dans la palmeraie de Tinghir

Parmi toutes les palmeraies du Maroc, celle de Tinghir figure sans conteste parmi les plus belles. Elle s’étend sur 25 à 30 km de part et d’autre de la ville, avec une largeur pouvant atteindre 1,5 km, et serpente jusqu’à l’oued Ferkla sur une vingtaine de kilomètres.

La promenade longe l’oued sur 12 km jusqu’à la source des Poissons sacrés, porte d’entrée des gorges du Todra. Le paysage prend des allures de damier multicolore : céréales, plantes potagères, palmiers et oliviers s’entremêlent dans le lit de la rivière. À pied, la balade dure environ 3 heures.

  • Partir de l’ancien ksar de Tinghir jusqu’à la mosquée Ikelane, visitable par les non-musulmans
  • Longer les jardins à travers les petits villages de la vallée
  • Découvrir la casbah des Sénégalais et la casbah des Juifs aux abords de la plantation

Idéalement, planifiez cette journée en fin d’après-midi. La lumière quasi mystique qui baigne alors la palmeraie justifie à elle seule le déplacement. Un guide local reste conseillé pour ne rien manquer du chemin.

Voyageurs et habitants se rencontrent dans une oasis avec palmiers et kasbah

Excursions incontournables aux alentours de Tinghir

Les gorges du Todra, à 15 km de la ville, comptent parmi les sites naturels les plus impressionnants du Maroc. L’oued Todra a sculpté au fil des millénaires un canyon vertigineux aux falaises de calcaire dépassant 300 mètres de hauteur. Paradis des alpinistes, point de départ de randonnées variées, le site est particulièrement saisissant au lever et au coucher du soleil.

À 15 km à l’est sur la route d’Er-Rachidia, le village d’El Hart est réputé pour ses artisans potiers qui travaillent la terre ocre de la vallée — un savoir-faire artisanal aussi précieux que celui de nos potiers d’Alsace. Sur la route de Merzouga, le ksar El Khorbat, ancien village fortifié en terre crue bâti au 19ème siècle, propose même un hébergement dans ses maisons restaurées. Le souk hebdomadaire du lundi, à 2 km sur la route de Ouarzazate, est un rendez-vous authentique à ne pas manquer.

Pour rejoindre Tinghir, les aéroports de Ouarzazate et d’Errachidia sont accessibles en deux heures de route. Des liaisons en bus ou en taxi relient également la ville à Marrakech, Erfoud, Rissani et Errachidia. Si vous préparez un itinéraire de voyage sur plusieurs jours en Asie ou ailleurs, la technique reste la même — organiser chaque étape avec soin. Le printemps (avril à juin) et l’automne (septembre à début novembre) représentent les meilleures périodes pour visiter la région dans de bonnes conditions climatiques.

André
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